Ardant Prost DJENONTIN, jeune panafricaniste, membre du mouvement rasta, au sujet de la célébration du 11 mai« Beaucoup réduisent cette journée à la musique, la consommation d’herbe ou de la fumée mais il y a la dimension intellectuelle de l’homme dont on ne parle jamais ».

Ardant Prost DJENONTIN, jeune panafricaniste, membre du mouvement rasta, au sujet de la célébration du 11 mai
« Beaucoup réduisent cette journée à la musique, la consommation d’herbe ou de la fumée mais il y a la dimension intellectuelle de l’homme dont on ne parle jamais ».

12 mai 2022 Non Par Inf'au Zenith

Le 11 mai de chaque année, le monde entier se souvient d’une icône de la musique, grand prophète du reggae, Robert Nesta Marley alias Bob Marley. C’est alors que des concerts de cette musique enivrante sont organisés un peu partout pour faire revivre l’homme dans les cœurs. Seulement que de plus en plus, cette célébration-hommage tend vers une perversion de son esprit. C’est ce qu’a constaté Ardent DJENONTIN, jeune intellectuel, panafricaniste convaincu, interrogé à cette occasion. « Il y a cette dimension intellectuelle dont on ne parle jamais ; je ne sais pas pourquoi on ne nous parle pas de la vie de Bob Marley, qu’on n’enseigne pas la vie de bob Marley et tout ce que nous voyons, c’est la musique, c’est la fumée et le chanvre. On ne peut pas dire que la célébration du reggae rime avec la consommation de l’herbe. La consommation du tabac existait bien avant la naissance du mouvement rasta. Consommer du chanvre relève de la perception et de la responsabilité de chacun. C’est une légende ne serait-ce que par sa musique ».

Pour ce jeune très admirateur du prophète, il faut sortir de cette perversion de la philosophie de la légende qu’est Bob Marley. « L’artiste est une légende, ne serait-ce que par la musique qu’il a transmise aux générations futures. Mais au-delà de ça, il faut retenir qu’il a laissé un message d’une grande profondeur pour le peuple noir à savoir la nécessité de l’union et de travailler ensemble. Il faut bien que les pays africains cherchent à entretenir des rapports de proximité, de fraternité avec les pays afro à travers le monde (Jamaïque, Antilles, Martinique, Brésil) C’est aussi cela, l’esprit Rastafari. Bob Marley disait déjà que vous qui êtes de l’autre côté et vous qui êtes partis, vous avez l’obligation de vous mettre ensemble pour créer une Afrique unie, une Afrique forte. Nous avons échoué parce que nous ne fêtons sa mort que dans la fumée et la musique ».

Le reggae est aujourd’hui plus que de la musique. C’est une sorte de religion qui fédère les esprits apprêtés au message du prophète. Une sorte de spiritualité qui appelle à une initiation selon Ardent DJENONTIN « La philosophie rasta repose essentiellement sur la spiritualité. Ce qu’il faut retenir ici, c’est le voyage de l’esprit entre deux mondes avec comme but final, la quête de la vérité. Etre rasta, c’est défendre une cause. Et chez les rastas, ça doit être une cause de justice, de vérité. Il y a 04 chansons qui résument la philosophie de Bob Marley : Buffalo Soldiers, Redemption Song, Africa Unit et Duppy Conqueror… » Bob Marley est un élu, c’est un initié ».

Pour lui, Bob Marley doit être enseigné dans les écoles des pays africains, sa vie et sa philosophie partagées par le plus grand nombre pour son accessibilité. Il doit rester l’icône populaire et pour cela, sa statue doit être érigée un peu partout en Afrique pour rappeler à chaque Africain cette impérieuse nécessité de se mettre ensemble pour faire front aux maux et hommes qui compromettent le destin du continent noir.

Inf’au Zénith.