Mon intervention samedi lors du lancement des trois livres livres de Paulette VALCOURT à Cotonou

Mon intervention samedi lors du lancement des trois livres livres de Paulette VALCOURT à Cotonou

22 juillet 2021 Non Par Inf'au Zenith

I. PREMIRE PARTIE : Echanges avec l’auteur au sujet du tout premier livre. Petit résumé : ce livre revient sur votre enfance, la physionomie de votre regretté père, votre parcours scolaire, universitaire. Les premières difficultés liées à la vie active, à la vie de femme. Le harcèlement qui peut-être là. L’obligation de combiner plusieurs rôles à la fois. Tout ce que je retiens, c’est que vous êtes une femme battante. Mais le livre vous fait prendre des positions au sujet desquels, j’ai deux ou trois questions pour vous. Puisque c’est mon travail, de poser les questions.

Questions :

1. Vous dites à la page 16, et concernant votre rang dans la fratrie, que l’ordre de naissance influence la personnalité de l’enfant. Comment cela peut se comprendre ?

2. Vous abordez le sujet de la polygamie, en tout cas celle de votre père, avec un regard plutôt positif. C’est carrément de l’admiration que vous vouez à votre père. Cela surprend tout de même, vous qui êtes allée à l’école, avec ce profil de femme qui a parcouru la planète à une époque où on dénonce, parfois même hypocritement, la polygamie. Comment vous l’expliquez ?

3. Haïti est une émanation directe, peut-être lointaine mais directe quand même, du Dahomey aujourd’hui Bénin. Au Dahomey, on ait que le rapport Père-fille est très distant et juste liminaire mais vous, vous étiez très proche du vôtre avant sa mort. Comment comprenez-vous cette affection particulière et réciproque entre vous ?

4. Vous avez tellement parlé de votre père dans le livre qu’on ne voit pas trop de trace, en tout cas pas en gras comme on dirait en informatique, de trace en gras donc de votre mère. Elle était si absente de votre vie intérieure ?

5. Vous nous parlez de la mort de votre père et du vide aussi bien matériel que moral que cela a créé dans votre vie. Singulièrement parce que vous étiez très proche. Aimer c’est laisser partir, chantait un célèbre artiste. Vous n’avez pas envie de le laisser partir pourquoi ?

6. Quand on voit comment vous avez souffert de l’absence de votre père, est-ce qu’on ne peut pas conclure que les parents ont tort de trop couver leurs enfants, d’en être peu trop proche, trop attaché ?

7. La première fois où je vous ai vue, ce qui m’a le plus frappé c’est votre grande capacité et votre spontanéité à sourire. Vous trahissez complètement ce qui est écrit dans ce livre concernant votre passé. Vous n’avez pas peur d’offrir aux invités ce matin, deux personnes différentes là ? Une en face de nous, et une autre dans le livre alors que les deux renvoient à la même réalité humaine et physique ?

8. Je parlais de votre sourire tout à l’heure, de votre rire si vrai aussi souvent. Comment arrive-t-on après avoir reçu autant de coups à la figure de la part de la vie, comment arrive-t-on à sourire et à rire, tout bonnement et naturellement ?

Merci infiniment pour cette humilité et ce sens humain. Merci aussi pour l’école et l’enseignement.

II. Ma présentation du diptyque de Paulette Valcourt : Un amour inexpliqué tome 1 et 2

Protocole.

 Dire ses civilités aux personnalités présentes.

 Dire ses gratitudes pour le choix porté sur ma modeste personne.

 Annoncer d’entrée que Paulette Valcourt est un grand écrivain (ma petite expérience de lecteur, de chroniqueur littéraire).

 Annoncer sa présentation en 03 points essentiels : résumé des deux ouvrages, appréciation technique de l’écriture de Paulette et les leçons et recommandations.

A. Présentation physique des deux ouvrages

A.1. Présentation des premières de couverture. C’est un diptyque, c’est normal que les couvertures soient identiques. On fera donc tout bonnement une confusion entre les deux volumes s’il n’y avait pas éléments discrets qui attirent notre attention : les écrits et les couleurs.

Pour les écrits, nous avons l’ajout du sous-titre ‘’Tome 2 : se reconstruire’’ qui nous aide à faire la différence. Et pour les couleurs, vous verrez, pour ceux qui ont les deux ouvrages, que le tome 1 est contrasté noir sur les bords du livre, en haut. Et l’image d’illustration est sur un fond de feu, de flammes, de lamelles de flammes. Par contre, le tome 2 est sur un fond de soleil couchant, levant avec ses reflets sur l’eau.

On est plus face à une tranquillité ici contrairement au tome 1 ou le feu représente la force, l’agitation, la grande perturbation. Sur les 4è de couverture, la différence se prolonge au niveau même des deux photos de l’auteur. Mais la lumière du sourire nous fait confondre l’âge des deux photos.

Et les fonds de photo aussi nous en disent un peu plus sur le contenu de l’ouvrage : au niveau du tome 1, vous avez un fond blanc (qui signifie ce que vous savez : la pureté, la sincérité, la joie aussi) alors que l’autre photo est sur un fonds jaune or, pour ne pas dire du jaune de l’espoir, de l’espérance.

Un dernier élément le temps de boucler cette première séquence : le volume entre les deux tomes : le premier est très sommaire (140 pages) et le second, plus fourni (227) pages. Un peu comme pour dire que le bonheur peut être parfois bref, mais quand il débouche sur une désillusion, s’en remettre peut aller un très gros et très difficile travail.

A.2. Organisation interne des deux livres. Les deux livres sont organisés en chapitres, pourrait-on dire. Il y en a 32 pour le premier tome et 33 pour le tome 2). Sauf qu’entre ces deux, la différence est nette : le tome 1 présente une table des matières des titres des chapitres alors que le tome deux les numérote au fur et à mesure. Je mets surtout l’accent sur les différences pour attirer votre attention sur le gros travail artistique qui a été fait pour ce qui est de la fabrication physique du livre. Un livre est d’abord un travail d’art et d’esprit, avant d’être un élément de transmission et de contact.

A.3. Le résumé des deux livres. Le tome 1 d’un amour inexpliqué nous présente la vie d’une femme, Léila, partagée entre ses lassitudes liées à sa vie conjugale qui est un échec puisqu’elle est en instance de divorce depuis trois ans, avec une garde des enfants et les espoirs et soleil d’une vie professionnelle plutôt réussie.

Leila est des Antilles. Elle est fonctionnaire international et doit servir en poste au Burundi. Et voilà que sur place là-bas, elle tombe sur un monsieur bien stylé et surtout affable et gentil. Il parait que c’est deux qualités importantes pour frapper le cœur d’une femme à première vue. Cette personne, c’est Allan. Il est burundais et est dans les affaires, bien introduit aussi dans les cercles mondains. Allan est marié, mais pour ce qu’on sait son couple bat de l’aile. Mais cela ne suffit pas pour mettre des idées dans la tête d’une Léila plutôt bien éduquée, un peu refermée sur elle-même, trop attachée à son éducation religieuse, et surtout aux principes et valeurs moraux. Comme par exemple quand elle est très gênée de se retrouver seule avec cet Allan dans son lit à elle (n’allez surtout rien imaginer parce que la porte était entrebâillée), à une heure aussi tardive : il était au-delà de minuit.

Mais malgré sa prudence et sa rigueur, ce qui ne doit pas arriver finira par arriver. Vous voyez un peu ? Et c’est là que vous comprendrez le fond de couleur de feu du tome 1. Amour passionné et charnel. Vous voulez des détails ? J’ai quelques pages à vous proposer. Mais ce serait trop facile. Achetez et surtout lisez le livre.

Le tome 2, on peut l’imaginer, est la suite logique du tome un où tout s’écroule autour d’elle. Elle aime toujours cet Allan, alors que lui ne semble pas trop pressé pour divorcer. D’ailleurs, est-ce qu’il a jamais songer à cela ? Le comble, c’est quand il va en vacances de noël en la laissant seule, pour venir lui proposer après de se voir à l’hotel. La moralité de Léila en a fait un gros choc. Je dis tout s’écroule parce que il y a qu’à ce moment-là, Bujumbura qui brûle. Ce pays qu’elle aime si tant, où elle s’est retrouvé come chez elle, dans son Haïti natal. La politique et les troubles politiques ont mis le pays sur un versant qui imposait à Leila de retourner chez elle d’abord. Et c’est là-bas que tout se complique : Allan qui la harcèle discrètement avec les messages. Ryan qui réapparait et lui fait la cour assidue et de belles propositions ; le père de ses enfants qui lui propose de retourner en arrière revivre ce qu’ils ont arrêté. Et un vieil amoureux qui se présente lui aussi : tout tombe sur elle, du point de vue sentimental. Mais pour tout bon sens humain, le choix de Ryan est un bon parti : il est célibataire divorcé, il est riche, beau mec et gentil. En plus, c’est un ami et un confident de veille date.

Alors, quel choix faire, surtout qu’après avoir repoussé une mission qui la renvoie à Bujumbura, elle devra cette fois-ci décider pour l’avenir. Et vous savez ce qu’elle a fait ? Elle a souri et elle a dit : Thanguy, dis leur d’acheter mon histoire et de lire. B. Appréciation technique de l’écriture de Paulette Valcourt. L’auteur a fait recours à deux techniques narratives qui se tiennent entre elles : les flash-backs qui imposent une déconstruction de la linéarité du texte. Du coup, il faut faire preuve de concentration pour ne pas perdre et se perdre dans les dédales de la narration qui est parfois, une narration à reculons, et par bonds.

L’autre technique, c’est l’organisation de la structure narrative en micros récits. Dans le langage parlé, on dira que c’est des anecdotes. Dans ces deux livres, où le style reste le même, on a affaire à des retours sur histoires ou historiettes pour aider le lecteur à se replacer dans le contexte de l’action en cours.

Et si je vous disais deux mots de son style. Paulette Valcourt, sinon maman, aime les détails. Ce n’est pas non plus le style façon direct droit dans les yeux ou dans la figure comme chez les boxeurs. On a de longues phrases, et des phases mêlées de sous-entendu. L’auteur crée le contexte approprié à son message. Et le message est toujours ponctuel. Je veux par exemple montrer que je suis choqué, ben je fais emmener Ryan qui me dit un truc choquant. On a un ton plutôt pudique, qui se mêle à un niveau de langue qui laisse des traces de ses origines.

C. Leçons et recommandations.

 Ce livre est une psychanalyse, l’examen psychologique d’une femme qui aime réellement. C’est quoi une femme qui aime et comment agit-elle quand elle aime vraiment ? L’auteur essaie de nous proposer des réponses : quand elle aime, elle peut oublier un moment ses principes et règles, qu’ils soient moraux ou découlent de son éducation. Comme avec Allan. Une femme qui aime, c’est une femme qui peut avoir un bon parti comme Ryan mais continuer à tenir un bout qu’elle sait pertinemment, qu’il n’aboutit à rien, sinon probablement pas. Une femme amoureuse, c’est une femme prête à aller au-devant du danger.

 Ce livre est un procédé de guérison proposé à l’amour pour se guérir. L’amour peut être charnel comme entre deux sexes opposés, ou fraternel ou filial. En réalité, il n’est pas toujours bon d’aimer, finit-on par conclure en lisant ces deux ouvrages, parce qu’il peut en résulter des chocs qui nous perdent complètement, ou tout au moins, nous fassent perdre les pédales pendant un temps.

 Ces deux livres se proposent aussi comme des boussoles à toute femme empêtrée et perdue dans les complications liées à la vie de foyer, de travail, d’amitié et autres.

 Le livre nourrit l’amitié au-delà des frontières. Leila et les sœurs et tante d’Allan. Marguerite qui se bat jusqu’à ses dernières forces pour ramener à la maison le petit Chris à sa mère, son amie. L’auteur semble nous dire qu’il y a quelque chose de plus fort en amitié qu’en amour. Justement, à Ryan qui lui propose l’amour, elle préfère l’amitié par exemple.

Conclusion.

Quand on lit les trois ouvrages, on peut voir qu’ils n’ont pas de liens. C’est à priori. Là-bas, ce sont des confidences avec ‘’Le prix de la paix du cœur’’. Les deux autres sont des œuvres de fiction. Mais le lien de l’amour est là. Le lien de la famille et de sa préciosité. I. PREMIRE PARTIE : Echanges avec l’auteur au sujet du tout premier livre. Petit résumé : ce livre revient sur votre enfance, la physionomie de votre regretté père, votre parcours scolaire, universitaire. Les premières difficultés liées à la vie active, à la vie de femme. Le harcèlement qui peut-être là. L’obligation de combiner plusieurs rôles à la fois. Tout ce que je retiens, c’est que vous êtes une femme battante. Mais le livre vous fait prendre des positions au sujet desquels, j’ai deux ou trois questions pour vous. Puisque c’est mon travail, de poser les questions.

Questions 1. Vous dites à la page 16, et concernant votre rang dans la fratrie, que l’ordre de naissance influence la personnalité de l’enfant. Comment cela peut se comprendre ?

2. Vous abordez le sujet de la polygamie, en tout cas celle de votre père, avec un regard plutôt psoitif. C’est carrément de l’admiration que vous vouez à votre père. Cela surprend tout de même, vous qui êtes allée à l’école, avec ce profil de femme qui a parcouru la planète à une époque où on dénonce, parfois même hypocritement, la polygamie. Comment vous l’expliquez ?

3. Haïti est une émanation directe, peut-être lointaine mais directe quand même, du Dahomey aujourd’hui Bénin. Au Dahomey, on ait que le rapport Père-fille est très distant et juste liminaire mais vous, vous étiez très proche du vôtre avant sa mort. Comment comprenez-vous cette affection particulière et réciproque entre vous ?

4. Vous avez tellement parlé de votre père dans le livre qu’on ne voit pas trop de trace, en tout cas pas en gras comme on dirait en informatique, de trace en gras donc de votre mère. Elle était si absente de votre vie intérieure ?

5. Vous nous parlez de la mort de votre père et du vide aussi bien matériel que moral que cela a créé dans votre vie. Singulièrement parce que vous étiez très proche. Aimer c’est laisser partir, chantait un célèbre artiste. Vous n’avez pas envie de le laisser partir pourquoi ?

6. Quand on voit comment vous avez souffert de l’absence de votre père, est-ce qu’on ne peut pas conclure que les parents ont tort de trop couver leurs enfants, d’en être peu trop proche, trop attaché ?

7. La première fois où je vous ai vue, ce qui m’a le plus frappé c’est votre grande capacité et votre spontanéité à sourire. Vous trahissez complètement ce qui est écrit dans ce livre concernant votre passé. Vous n’avez pas peur d’offrir aux invités ce matin, deux personnes différentes là ? Une en face de nous, et une autre dans le livre alors que les deux renvoient à la même réalité humaine et physique ?

8. Je parlais de votre sourire tout à l’heure, de votre rire si vrai aussi souvent. Comment arrive-t-on après avoir reçu autant de coups à la figure de la part de la vie, comment arrive-t-on à sourire et à rire, tout bonnement et naturellement ?

Merci infiniment pour cette humilité et ce sens humain. Merci aussi pour l’école et l’enseignement.

Thanguy AGOI